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Artistes africains : une politique d’octroi des visas français plus souple.

Publié le 20/02/2008

Un pas semble avoir été fait concernant l’obtention de visas français pour les artistes africains. Une mesure de « facilitation d’octroi des visas de courts séjours à entrées et sorties multiples aux Africains qui en ont le plus besoin » avait été promise lors du 23ème sommet Afrique-France à Bamako en 2005.

Le récent texte officiel publié par le ministère des Affaires étrangères et européennes, à l’initiative de Bernard Kouchner et de l’ancien secrétaire d’État à la coopération* Jean-Marie Bockel, prévoit donc la possibilité d’accorder aux ressortissants africains qui en font la demande des facilités d’octroi de visas de circulation (visa de court séjour n’excédant pas trois mois et dont la validité peut aller jusqu’à cinq ans).
Elles concernent notamment les ressortissants africains ayant déjà effectué un séjour en France. Le nombre de visas accordés, jusque là inférieur à 10% des demandes devraient donc augmenté.
Mais si dès le 19 février dernier, Jean-Marie Bockel a demandé à tous les consuls d’Afrique la « mise en application immédiate » des mesures sur lesquelles il planche depuis des mois, les artistes concernés restent sceptiques. Car si les critères s’assouplissent, rien n’est prévu à priori pour faciliter la procédure d’obtention des visas. Les délais pour obtenir un rendez-vous au consulat, par exemple, reste toujours aussi longs (1 à 2 mois dans le meilleur des cas).
En outre, le doute persiste concernant les artistes africains n’ayant jamais séjourné en France. Sur ce point, Jean-Marie Bockel a prévu un
« rapprochement entre le service consulaire et les institutions culturelles qui devront juger sur place du sérieux de la demande ».
Tout en maintenant une relation de confiance mutuelle avec les services culturels locaux, les autorités françaises comptent ainsi sur ces services pour statuer sur la crédibilité artistique des artistes « novices » demandeurs de visas.
Toutefois, avertissent-elles, « si le service consulaire émet des doutes sur la confiance que l’on peut accorder à l’artiste, il aura zéro pour cent de chance d’obtenir son visa ! Une simple guitare n’est pas un passe droit ».
L’application des textes sur le terrain doit ainsi une fois de plus faire ses preuves, surtout qu’une telle mesure à l’heure d’une politique d’immigration de plus en plus restrictive peut surprendre.

En 2007, le ministère a refusé 53 170 visas à la totalité de la population africaine sur 306 000 accordés. 30 000 artistes africains ont obtenu leurs visas. Au total, 10 ou 15 000 artistes supplémentaires pourraient bénéficier des nouvelles mesures gouvernementales.
Un premier bilan de l’efficacité du système mis en place devrait être effectué par la France dans trois mois.


*Jean-Marie Bockel a depuis quitté son poste pour avoir annoncé dans un article au quotidien Le Monde le 16 janvier dernier «vouloir signer l’acte de décès de la Françafrique. Certains pays ont d’importantes ressources pétrolières, mais leur population n’en bénéficie pas». Cette déclaration a entraîné de vives réactions de la part des dirigeants africains du Cameroun, du Gabon et du Congo qui se sont senti implicitement concernés. Le plus virulent, Omar Bongo, allant jusqu’à menacer publiquement de trouver « des partenaires plus respectueux de la dignité de son peuple ». Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant promis « la rupture » avec la Françafrique, a alors préféré rattacher son secrétaire d’État à un autre Ministère.

Sources :
Le Monde.fr , 20 mars 2008
dépêche AFP, 18 février 2008
Site du ministère des Affaires Etrangères, février 2008
Le Canard enchaîné n°4561, 26 mars 2008

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