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études et prospectives

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Présentation

L’objectif général des actions de Zone Franche est de promouvoir et défendre les musiques du monde et les valeurs qu’elles véhiculent, en particulier par la défense et le soutien aux professionnels du réseau.

Depuis 2006, les axes d’intervention de Zone Franche s’organisent à partir de 5 pôles stratégiques ayant pour but une participation accrue de ses membres à diverses instances transversales ; une implication plus grande des adhérents en régions ; un dialogue plus actif avec des structures, réseaux, organismes dont nous jugeons le travail complémentaire au nôtre sur tel ou tel champ d’intervention. Et, surtout, en faveur d’une valorisation des musiques du monde via des initiatives ciblées.

 

Dès son origine, notamment par le biais de « Sans visa, Le guide des musiques francophones et du monde » paru en 1991, Zone France s’emploie à diffuser une information de qualité sur les acteurs des musiques du monde. Nous réalisons régulièrement des enquêtes permettant de mieux faire connaître et reconnaître les acteurs des musiques du monde : « le poids des musiques du monde » en 2001, « l’économie des festivals musiques du monde » en 2005, enquête sur les membres du réseau en 2006.

En 2008, l’équipe de Zone Franche a travaillé à la réalisation de l’étude sur "La programmation des Musiques du Monde dans le réseau généraliste".

" Suivant sa mission d’observation, Zone Franche organisait, le 20 novembre 2007, un atelier-débat sur la place des Musiques du monde dans le réseau généraliste et notamment dans les scènes nationales. A cette occasion, Alain Brunsvick, inspecteur de la DMDTS, expert du réseau des Scènes Nationales, nous invitait à utiliser les fonds documentaires du Ministère de la Culture pour mener une enquête sur ce sujet.

Zone Franche a réalisé cette étude pour répondre à deux besoins:
- Connaître la réalité de la vitalité des Musiques du monde sur les scènes du réseau généraliste, et savoir si elle reflète le dynamisme professionnel et artistique de ces musiques.
- Construire un outil permettant à nos adhérents d’identifier les réseaux de diffusion, les modes de programmation des Musiques du monde, les différentes formes de coproductions, les artistes circulant dans ce type de réseaux.

L’enquête a été menée en deux temps : nous avons d’abord repéré les spectacles qualifiés « Musiques du monde » dans les programmations des lieux.
Nous avons constaté que les Musiques du monde sont particulièrement peu présentes en tant que discipline à part entière dans les programmations de ces lieux pluridisciplinaires.
Elles ne représentent en effet que 2% des spectacles programmés tandis que la musique autre que Musiques du monde fait l’objet de 30 % de ces spectacles.

Cependant nous avons remarqué qu’elles ont une place non négligeable, dans ces mêmes programmations, quand elles font partie de spectacles à la croisée de plusieurs disciplines.
Elles sont annoncées dans des spectacles de danse, théâtre, cirque dans 11% de la programmation.
Nous avons donc poursuivi notre recherche en examinant ces spectacles.
Dans ces cas-là, les Musiques du monde sont présentées comme une plus-value dans les textes de présentation de ces spectacles. Elles sont en effet décrites comme véhiculant des valeurs, traditions, histoires relatives à des cultures de l’ « ailleurs » et comme invitation au voyage et à l’ouverture sur les autres et le monde.

Aujourd’hui, nous savons que les Musiques du monde représentent un poids artistique, économique et culturel essentiel dans le paysage français du spectacle vivant.
Nous savons qu’ en France, elles concernent notamment(1) :
- 1800 artistes
- 190 labels et une trentaine de distributeurs
- 460 festivals programment des musiques traditionnelles et du monde
- 500 salles et lieux de spectacles
- 260 agents, producteurs et entrepreneurs

Zone Franche a par ailleurs mené un travail de repérage sur les programmations des festivals de musique estivaux qui ne sont pas spécialisés Musiques traditionnelles et du monde montrant que 54% des festivals programment des Musiques du monde. Cet intérêt croissant des festivals pour les Musiques du monde témoigne de leur succès auprès du public.

Pour pouvoir être programmés sur les scènes généralistes, les artistes (hors les grands noms) n’auraient-ils d’autre choix que celui de s’associer à des disciplines considérées comme plus « légitimes » ?
Si le mélange des disciplines a le mérite d’ouvrir de nouveaux terrains d’exploration artistique, cela ne doit pas se faire au détriment des Musiques du monde.
Compte tenu de l’enrichissement qu’elles peuvent apporter au public, comme en témoignent des programmateurs tels que Marie Agnès Sevestre, qui était directrice de l’Hippodrome de Douai ou Emmanuel Demarcy-Motta à la Comédie de Reims (2), ces Musiques méritent un éclairage nouveau auprès des réseaux généralistes.

C’est dans ce sens que les professionnels des Musiques du monde, réunis au sein du réseau Zone Franche souhaitent travailler avec les responsables institutionnels du Ministère de la Culture à une meilleure visibilité des artistes de ces musiques qui représentent aujourd’hui une part essentielle du spectacle vivant en France. "

(1) Chiffres Irma - CIMT
(2) Marie-Agnès Sevestre est actuellement directrice du festival « Les Francophonies en Limousin » et Emmanuel Demarcy-Motta est actuellement directeur du Théâtre de la Ville

 

L’équipe de Zone Franche,

Sophie Guénebaut et Nathalie Miel

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