Parmi plusieurs temps forts pour célébrer ses 30 ans, le festival Villes des musiques du monde en Seine-Saint-Denis accueillera en octobre l’exposition Mémoires des Musiques du Monde. Après Musiques Métisses et Convivencia, l’exposition va donc s’installer au Point Fort à Aubervilliers.
À cette occasion, Zone Franche organise une Rencontre Réseau avec deux rencontres en lien avec l’exposition et le Prix des Musiques d’Ici.
Rencontre Réseau — 5 novembre à l’auditorium du conservatoire de Montreuil
1/ Musiques de France : identités plurielles et mémoire collective
Des musiques d’Afrique aux sons des Balkans, des Antilles à la Méditerranée, les Musiques du Monde racontent la France d’hier et d’aujourd’hui : diverse, métissée, inventive. Elles portent la mémoire des migrations, des luttes anticoloniales, et des échanges humains qui fondent notre société aux identités plurielles. Dans l’archipel des peuples et cultures qui habitent la nation, comment ces musiques participent-elles à construire mémoire collective et identité partagée ? Comment résonnent-elles dans les territoires, au sein des communautés, sur les scènes ou dans les baladeurs numériques ?
Pour les 30 ans du festival Villes des Musiques du Monde et les 10 ans du Prix des Musiques d’ICI (Diaspora Musiques Awards), cette rencontre racontera des récits bien ancrés dans l’histoire et le réel – loin de ceux fondés sur la peur, des obsessions fantasmés et autres passions tristes. Des « Mémoires des Musiques du Monde » d’ailleurs en ici et d’ici et d’ailleurs : l’exposition et la série de podcasts éponymes (produits par Zone Franche en partenariat avec la Sacem) seront présentées pour l’occasion.
(panel en cours)
2/ La place des Musiques du Monde dans les médias audiovisuels et les plateformes numériques
Où entend-on encore les Musiques du Monde dans les médias ? La question n’est pas rhétorique. De nombreuses émissions spécialisées ont disparu des grilles, les journalistes experts ne sont pas remplacés, les médias dédiés se sont éteints faute de modèle économique — le webmédia #AuxSons, porté par Zone Franche, en fait partie. Ce que le rapport À l’écoute du monde (Ministère de la Culture, 2020) constatait déjà — une visibilité insuffisante dans les médias, des médias émergents fragiles, etc. — s’est depuis aggravé.
De leur côté, les plateformes promettaient de rebattre les cartes : n’importe quel artiste, où qu’il soit, peut désormais y déposer ses oeuvres et être écouté partout. En théorie. Dans la réalité, à notoriété comparable, sur les plateformes les plus connues, les artistes de Musiques du Monde bénéficient pourtant de 40 % moins d’exposition dans les playlists éditoriales. Et le nombre colossal de titres mis chaque jour sur les plateformes promet plus l’invisibilité que la notoriété. Certaines plateformes ont une approche différente. Suffira-t-elle ?
Alors que l’Arcom et le CNM viennent de consulter la filière sur la découvrabilité des œuvres, cette table ronde pose la question franchement : quelles obligations, quels soutiens, quelles alliances pour que la diversité des expressions culturelles existe autrement que par intermittence dans le secteur musical ?
(panel en cours)


