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Soutien au Festival d’Île-de-France

Zone Franche s’as­so­cie à plusieurs fédéra­tions et syn­di­cats pro­fes­sion­nels (Les Forces Musi­cales, Profed­im, Syn­deac, SNSP, Fevis, France Fes­ti­vals, Futurs com­posés) pour soutenir le Fes­ti­val d’Île-de-France. Retrou­vez ci-dessous la let­tre ouverte envoyée à la Prési­dente de la Région Île-de-France.

Suiv­ez les actions sur Face­book (http://bit.ly/2g51LYK).

Par ailleurs, une péti­tion a été lancée par un comité de sou­tien du fes­ti­val. Vous pou­vez la sign­er ici (ou sur https://www.change.org/p/val%C3%A9rie‑p%C3%A9cresse-non-%C3%A0-la-disparition-du-festival-d-ile-de-france).

Let­tre ouverte à Madame Valérie Pécresse, Prési­dente du Con­seil Région­al d’Île-de-France
Paris, le 5 décem­bre 2016

Madame la Prési­dente,

Un arti­cle pub­lié dans New­stank le 29 novem­bre dernier don­nant la parole à « l’entourage de Valérie Pécresse, prési­dente du con­seil région­al d’Ile-de-France » annonce la « baisse de la sub­ven­tion de la Région au Fes­ti­val d’Ile-de-France de 68,1% en 2017 ». Cette baisse, annon­cée comme cer­taine (même si le vote ne doit inter­venir qu’à la mi-jan­vi­er) « passera de 1 567 000 € à 500 000 € en 2017 ».

Face aux argu­ments avancés pour jus­ti­fi­er cette baisse, cer­tains nous parais­sent tout à fait con­testa­bles, d’autres doivent être éclairés sous un autre jour, tous doivent être remis dans leur con­texte.

A pro­pos de la qual­i­fi­ca­tion d’«association trans­par­ente », nous soulignons que c’est la Région elle-même qui a récem­ment fait le choix de pro­pos­er à la prési­dence une élue alors que le man­dat était précédem­ment occupé par une per­son­nal­ité de la société civile.
Cet écueil pour­rait être cor­rigé en par­tie en procé­dant à une refonte des statuts et à la recherche d’une diver­si­fi­ca­tion des finance­ments. En out­re, la baisse de finance­ment ne saurait être une réponse à une ques­tion juridique.

Il n’est pas juste de dire que l’argent attribué au Fes­ti­val n’est pas con­sacré à la cul­ture mais à des « frais de struc­ture ». Ces frais sont intime­ment liés à l’activité artis­tique et cul­turelle. Ils s’élèvent à 34 % du bud­get.
Ce pour­cent­age, sta­ble depuis de nom­breuses années, est tout à fait com­pa­ra­ble à la plu­part des struc­tures qui se con­sacrent à la dif­fu­sion de spec­ta­cles et à l’action cul­turelle.

Il est impos­si­ble de dire que « le Fes­ti­val n’a pas trou­vé son pub­lic » quand il affiche un taux de rem­plis­sage de 85,5% en 2016 et un rem­plis­sage moyen depuis 10 ans de 87%, chiffres large­ment supérieurs à de nom­breuses man­i­fes­ta­tions financées par la Région qui ne sont pour­tant pas remis­es en cause dans leur exis­tence de façon aus­si rad­i­cale.
Le nom­bre de spec­ta­teurs annuels du Fes­ti­val est lié à la mis­sion de val­ori­sa­tion du pat­ri­moine con­fiée par la Région et donc à la capac­ité d’accueil des sites de con­certs.
Surtout, le Fes­ti­val d’Ile de France, a su dévelop­per un savoir-faire unique au ser­vice des fran­ciliens, des équipes artis­tiques et des ter­ri­toires en dévelop­pant :
• Une pro­gram­ma­tion artis­tique acces­si­ble, ouverte, et inédite embras­sant toutes les esthé­tiques musi­cales, et accor­dant une large place à la créa­tion,
• Une implan­ta­tion sur l’ensemble du ter­ri­toire fran­cilien, et sou­vent dans des lieux éloignés de l’offre cul­turelle, notam­ment en milieu rur­al,
• Une val­ori­sa­tion du pat­ri­moine et de l’histoire régionale,
• Un pro­gramme d’action artis­tique de grande enver­gure à des­ti­na­tion de tous les publics, notam­ment lycéens et ama­teurs,
• Un mod­èle parte­nar­i­al unique avec nom­bre d’acteurs du ter­ri­toire (col­lec­tiv­ités, struc­tures cul­turelles, équipes artis­tiques, struc­tures d’enseignement, asso­ci­a­tions…).

Le Fes­ti­val d’Ile de France, recon­nu par les artistes et les pro­fes­sion­nels de toute la France comme exem­plaire, c’est chaque année 6 semaines de pro­gram­ma­tion musi­cale, une moyenne de 33 con­certs dont la moitié de créa­tions ou d’inédits, 500 artistes accueil­lis, 30 lieux du pat­ri­moine investis dont la moitié en grande couronne, 19 500 spec­ta­teurs, plus de 100 actions cul­turelles fédérant 4000 par­tic­i­pants, plus de 1 600 parte­naires sur le ter­ri­toire, une équipe de 8 per­ma­nents et 80 inter­mit­tents et vacataires.

Aujourd’hui le mod­èle économique de la man­i­fes­ta­tion est remis en cause par votre col­lec­tiv­ité. Si on ne peut con­tester à l’exécutif région­al le souhait de réex­am­in­er le pro­jet et son fonc­tion­nement, la voie et la méth­ode emprun­tées ne lais­sent la place à aucune pos­si­bil­ité de repo­si­tion­nement et con­duit directe­ment à la dis­pari­tion de la man­i­fes­ta­tion qui serait pour­tant l’outil idéal pour met­tre en œuvre « la stratégie par­tic­i­pa­tive avec les ter­ri­toires et les acteurs cul­turels de la Région » que vous appelez de vos vœux dans vos ori­en­ta­tions ren­dues publiques en sep­tem­bre dernier.

C’est pourquoi aujour­d’hui, la Fevis, France Fes­ti­vals, Futurs Com­posés, Profed­im, le SNSP, le Syn­deac, Zone Franche, appel­lent à une con­cer­ta­tion d’ur­gence avec la région afin d’assurer un avenir au Fes­ti­val d’Ile de France.

Nous vous pri­ons de croire, Madame la Prési­dente, en l’expression de notre plus haute con­sid­éra­tion,

Pour la Fevis,
Jacques TOUBON

Pour Forces Musi­cales,
Alain Sur­rans

Pour France Fes­ti­vals,
Paul FOURNIER

Pour Futurs Com­posés,
Raoul LAY

Pour Profed­im,
Lor­raine VILLERMAUX

Pour le SNSP,
Michel Lefeivre

Pour le Syn­deac,
Madeleine LOUARN

Pour Zone Franche,
Sébastien LAGRAVE